L’agencier

 

Mohamed Ould Abdelaziz

Président de la Mauritanie depuis 2009, il dirigeait le Haut conseil d’État avant son élection. Issu de la tribu maraboutique des Ouled Bousbaa, il est né en 1956 à Akjoujt, dans l’ouest du pays. Sorti de l’Académie royale militaire de Meknès, au Maroc, il rejoint l’armée mauritanienne en 1977 et occupe plusieurs postes de commandement. Avant d’accéder au pouvoir, il est chef d’état-major particulier du président.


                                                                                                                     

Hommage à Thierno Ousmane Fall, le Pionnier de l’Education

NGam Seydou – Il a vu le jour à l’aube de 1936 à Kaédi dans le Sud de la Mauritanie. Une date cruciale et combien significative dans la vie des pays africains sous la griffe coloniale, alors que le ciel de l’hexagone était couvert de gros nuages sous la menace de l’orage allemand.

Nous sommes à la veille de la 2ème guerre mondiale (39 – 45), la France inquiète et fragile, avait choisi l’Afrique pourvoyeuse de combattants, pour dompter la férocité d’une Allemagne belliqueuse et expansionniste.

Avec un père enseignant, le jeune Thierno a connu un nomadisme scolaire, pour suivre papa dans ses différents postes d’affectations. Kaédi – Kiffa – Boutilimit et Rosso furent les villes scolaires du jeune élève doué et studieux avec une passion particulière pour les mathématiques.

En 1956, le bac en poche, il est envoyé à Dakar pour suivre des études dans la filière Math-Physique. Là encore, le jeune étudiant s’impose par son intelligence et son sérieux, pour décrocher ses diplômes universitaires avec brio. En 1960, c’est le retour au pays natal dans l’euphorie de sa Mauritanie indépendante, avec une nouvelle capitale, qui sort à peine des dunes, le jeune étudiant est devenu professeur de math, comme le prédestine son nom (Thierno), et surtout sur les traces d’un père enseignant, qui a eu parmi ses élèves, un certain Moktar Ould Daddah, le père de la Nation Mauritanienne.

Ainsi commence une carrière riche et exaltante qui de nos jours, est devenue ingrate dans un pays où toutes les valeurs éducatives sont faussées. Ayant choisi son métier par passion avec l’admiration d’un père modèle, qui a posé les premiers jalons de l’éducation mauritanienne dans la sphère de l’école coloniale française.

A partir de 1960, il commence sa carrière de professeur à Aouin, avant de sillonner la Mauritanie de long en large (Aioun – Kaédi – Kiffa – Atar – Rosso). Pour revenir ensuite à Nouakchott avec la promotion du directeur de Collège. De nouveau, il quitte la capitale avec une double casquette de directeur et prof en même temps. Vous avez tout compris, le manque cruel des ressources humaines à l’époque, imposait le cumul des postes.

Après Atar – Kiffa et Rosso, il revient à Nouakchott pour se voir confier l’emblématique Lycée National, comme pour clôturer une carrière riche et féconde. En enseignant averti et expérimenté, il a formé d’une main experte avec un esprit vif, de nombreuses générations de cadres mauritaniens, qui aujourd’hui constituent le vivier de base de l’administration du pays.

En janvier 1990, le pionnier de l’éducation prend sa retraite après trente ans de vie éducative, dans la ferveur sportive où le football et le basket-ball, ont été les deux ingrédients dans sa carrière.

De cette vie sportive, on retiendra son passage remarqué à la tête de la Fédération du Football en Mauritanie (FFRIM), où il a tracé une feuille de route ambitieuse, qui malheureusement s’est heurtée à la lourdeur administrative, sans oublier l’ingérence du politique dans le milieu sportif.

Après une année de repos sabbatique, l’infatigable éducateur s’engage de nouveau dans l’arène scolaire, cette fois-ci sur le front de l’enseignement privé en Mauritanie, pour créer en 1991, le Groupe Scolaire Al Baraka à Nouakchott, et qui aura plus tard ses ramifications à Rosso – Nouadhibou et Zoueratt.

En acteur éducatif expérimenté et averti, il est pourtant inquiet des menaces qui guettent l’école d’une manière générale, et celle du secteur privée en particulier.

Les effets de ces menaces se font déjà sentir : la chute vertigineuse de niveau, le taux élevé de déperdition scolaire et la démotivation des enseignants, sans oublier le triste sort des enfants-élèves noyés dans le tourbillon des reformes inadaptés. Comme cela ne suffisait pas, la télévision, les téléphones portables et l’internet sont venus bousculer les habitudes des jeunes apprenants.

En 2005, il est coopté dans la CENI, pour superviser les élections dans la Wilaya de Gorgol. A travers ses multiples distinctions, on peut noter la Palme Académique de la République Française.

Durant mon passage à l’Ecole Al Baraka en tant que médiateur culturel, j’ai découvert un homme humble, modeste, digne de respect, de confiance et d’estime. Il se préoccupait plus sur les conditions de vie de ses employés, et surtout la motivation de ses enseignants, pour un meilleur rendement dans la vie scolaire de ses élèves.

Il a consacré toute sa vie à l’éducation et aux valeurs humaines de solidarité, de générosité, et à l’amour du prochain, comme il avait l’habitude de dire aux élèves : « Etudiez, encore étudiez, car aujourd’hui les études sont devenues une clef magique, qui nous ouvre les mystères du monde. »

Durant son dernier séjour à Nouadhibou en 2011, il a écrit sur le livre d’Or du Musée Bagodine « J’apprécie les efforts faits, pour rendre ce Musée vivant et fort admirable. C’est l’œuvre d’une initiative personnelle de Mr NGam dont le courage et le civisme mérite d’être cité en exemple. »

Ainsi le monument de l’éducation mauritanienne, nous a quitté au soir du lundi 12 Février à Dakar, pour être enterré le mercredi 14 février à Nouakchott. Qu’Allah l’accueille dans son paradis ! Que la lumière de sa sagesse rejaillisse sur l’édifice de notre Education. A sa famille toutes nos condoléances.

Ce qui est sûr, sa mémoire restera gravée sur le fronton du Musée Bagodine des Arts et Traditions, en guise de reconnaissance du soutien, qu’il nous a apporté de son vivant.

Comme nous le rappelle le Hadith : « Celui qui n’est pas reconnaissant envers les humains, ne peut pas être reconnaissant envers Dieu. »

                                                          INA LILLAH WO INA ILEYHI RAJI OUNE

NGam Seydou
Directeur du Musée


Oxfam visée par de nouvelles accusations de viols au Soudan du Sud

Les révélations d’une ancienne dirigeante d’Oxfam, allant jusqu’à accuser de viols certains employés au Soudan du Sud, ont alimenté mardi le scandale touchant l’ONG britannique, dans le viseur du régulateur des organisations humanitaires. 

Helen Evans, directrice de la prévention interne à Oxfam entre 2012 et 2015, a dénoncé l’existence d’une “culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux”, faisant état de viols ou tentatives de viols au Soudan du Sud ou d’agressions sur des mineurs bénévoles dans des magasins tenus par l’ONG au Royaume-Uni.

Selon une enquête interne menée auprès de 120 personnes dans trois pays différents entre 2013 et 2014, entre 11 et 14% des personnels déployés avaient été victimes ou témoins d’agressions sexuelles. Au Soudan du Sud, quatre personnes avaient été victimes de viols ou de tentatives de viols.

“Cela concerne des agissements de salariés sur d’autres salariés. Nous n’avons pas réalisé d’enquête sur les bénéficiaires de nos programmes d’aide. Mais j’étais extrêmement inquiète de ces résultats”, a-t-elle révélé sur Channel 4.

Dans un autre cas, une agression d’un mineur par un adulte commise dans un magasin a donné lieu à des poursuites, a-t-elle révélé. Selon Channel 4, cinq cas de “comportements inappropriés” par des adultes sur des mineurs ont été relevé par Oxfam en 2012/2013, et sept l’année suivante.

Une réunion prévue pour soulever ces sujets avait finalement été annulée, Mark Goldring, le directeur général de l’ONG, estimant qu’il n’y avait “rien à ajouter” au rapport établi par Helen Evans.

Cette dernière a aussi fait part de ses difficultés à obtenir plus de ressources pour mener à bien ces enquêtes.

Interrogé par la chaîne, Mark Goldring s’est excusé pour n’avoir “pas agi assez rapidement”. Mais il a assuré avoir pris la question “au sérieux”. “Nous avons répondu de différentes manière: par la vérification des faits, par la formation, par le développement d’une ligne d’assistance téléphonique”, a-t-il affirmé.

Il a exclu de quitter ses fonctions, sauf si le conseil d’administration lui en faisait la demande. Lundi, la directrice générale adjointe de l’ONG, Penny Lawrence, a démissionné, après des révélations sur le recours à des prostituées et de potentiels abus sexuels par certains de ses agents en mission à Haïti et au Tchad.

La Commission caritative, organisme qui contrôle les organisations humanitaires au Royaume-Uni, a lancé lundi une enquête sur Oxfam, sur la réalité des agressions commises en Haïti et la réaction de la direction.

La commission suspecte Oxfam de n’avoir pas “divulgué complètement en 2011 des détails importants concernant ces allégations et sur sa gestion des incidents”.



Nouakchott : Des dizaines de magasins cadenassés pour taxes non payées

A Nouakchott, plusieurs dizaines de commerces de kits électroniques n’ont pas ouvert leurs portes, ce mardi 13 février 2018, constate LeReflet.NET. Ils n’ont pas payé leurs taxes. Les boutiques qui se trouvent sur le côté gauche de l’axe « Orabank – Direction Mattel », sont les plus touchées.

Mais aux alentours de midi, certains avaient commencé à reprendre service, sous l’œil bienveillant de deux agents de la mairie. Il est midi et aucun brouhaha dans ce côté du marché des téléphones et autres outils numériques. Et pour cause, bon nombre des commerçants sont au chômage technique.

Pour quelques heures au moins. En effet, il est leur ai reproché d’avoir manqué à l’obligation de payer des taxes à la mairie. Du coup, après la fin de l’ultimatum explique un commerçant, des agents ont été envoyés pour fermer les boutiques. « Ils étaient minus de cadenas et clefs » explique un vendeur.

Ces mesures des municipalités sont de plus en plus fréquentes. Depuis toujours, un certains laxisme est observé quant au recouvrement des impôts. Mais avec les nouveaux crédits accordés par le FMI à la Mauritanie, les autorités seront obligées de redoubler d’efforts pour que tout le monde paie ses taxes, les entreprises en premier !

Le Reflet



Les femmes parlementaires mauritaniennes mobilisées contre la malnutrition

Aux termes de la journée de mobilisation organisée le mercredi 31 janvier 2018 sous la coupole de l’Assemblée Nationale, les femmes parlementaires, encadrées par des experts du mouvement SUN, entre autres, ont été suffisamment outillées sur la situation alarmante de la malnutrition en Mauritanie. Savoir par exemple que 75% des enfants et 24 % des femmes en Mauritanie sont en situation grave d’anémie ou que 7 Wilayas sur les 15 et 21 Moughataas sur les 55 que compte la Mauritanie sont dans une situation nutritionnelle d’urgence a suffi pour qu’elle fassent de cette pandémie leur prochaine priorité.

L’Assemblée Nationale a abrité le mercredi 31 janvier 2018 une journée de mobilisation des parlementaires en faveur de la nutrition. Cette manifestation a été organisée par le Réseau des femmes parlementaires (REFPAM) en collaboration avec le mouvement Scan-Up Nutrition (SUN) de Mauritanie.

L’institutionnel s’engage

La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot d’ouverture du Vice-président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable député M.Ahmed Yahya Ould Kharchi, qui s’est félicité de l’organisation de cette journée destinée à sensibiliser et à mobiliser les parlementaires contre le fléau de la malnutrition. Il a enfin exprimé la disponibilité des députés à accompagner tout effort de nature à améliorer les conditions de vie des populations.

Auparavant, la présidente du REFPAM, l’Honorable députée Mme Marième Baba Sy a donné un bref aperçu sur la nutrition et ses bienfaits sur le bien-être en général, tout en mettant en exergue la part très faible du budget qui lui est accordée ainsi que l’absence d’une politique d’informations et de sensibilisation des populations sur la malnutrition et ses dangers. Elle a cependant évoqué les efforts importants déployés sur le plan mondial pour lutter contre le fléau et l’engagement des Etats dans ce domaine.

De son côté, Dr.Moulaye El Mehdi Ould Moulaye Zeine, président de la Plateforme du mouvement SUN-Mauritanie de la société civile qui regroupe des ONG nationales et internationales exerçant au niveau local s’est félicité de l’importance que les femmes parlementaires accordent à la question de la nutrition, au point de susciter de leur part une si grande mobilisation malgré un calendrier chargé (Déclaration de politique générale du Premier ministre, plénière prévue le même jour pour la clôture de la session ordinaire du Parlement, après les âpres discussions sur le budget…)

Dr.Moulaye a par la suite procédé à une brève description de son mouvement, qui est né après l’adhésion de la Mauritanie au mouvement SUN international le 19 mai 2011 avec une lettre d’engagement du Ministre des Affaires économiques et du Développement (actuel Ministère de l’Economie et des Finances). Il a par la suite expliqué à l’assistance que la société civile mauritanienne n’est pas restée inactive face au phénomène de la malnutrition et que des initiatives de terrain ont déjà été menées et continuent de l’être. Il a cité en exemple le Projet de renforcement de la résilience mené par son ONG, AMAMI (Association Mauritanienne d’Aide aux Malades Indigents) dans la Moughataa de Koubenni au Hodh Gharbi, en collaboration avec l’Unicef et Echo
.

Enfin, Elena Vicario, Coordinatrice d’Action contre la faim, une ONG espagnole présente en Mauritanie depuis 2007 a brièvement évoqué les actions menées par son organisme, en collaboration avec les autorités mauritaniennes, dans le domaine de la nutrition.

Par la suite, les Honorables députées, Mmes Aminata Niang et Habsatou Kane ont donné un bref aperçu du REFPAM qui a été créé en 2013, ses missions, ses objectifs et ses réalisations, avec à l’appui un documentaire sur la caravane qu’elles avaient organisée dans les Wilayas du Trarza, du Brakna du Gorgol et du Guidimagha. Elles déclarent avoir mené une deuxième caravane dans la foulée dans les deux Hodhs, en Assaba, au Tagant. Ces caravanes destinées à s’enquérir sur les problèmes des populations devront se poursuivre selon elles, avec une troisième caravane dès le 4 février 2018 en direction des régions Nord (Adrar, Inchiri, Nouadhibou et Tiris-Zemmour).

Situation nutritionnelle et alimentaire alarmante

Plusieurs communications ont été par la suite présentées, dont l’une sur la Situation nutritionnelle en Mauritanie par le Dr.Barro de l’Unicef, qui a livré les chiffres alarmants de la dernière enquête SMART qui fait ressortir des situation d’urgence dans plusieurs régions et départements du pays, avec des taux de malnutrition aigüe sévère (MAS) et de malnutrition aigüe globale (MAG) au-dessus du seuil d’urgence, respectivement 2% et 15%.

L’insécurité alimentaire en Mauritanie qui touche 370.000 personnes, soit le double des chiffres de 2016, risque selon Mohamed Dah, expert à Action contre la faim, de s’exacerber en cette année particulièrement marquée par un grand déficit pluviométrique et un couvert végétal qui ne pourrait pas suffire au bétail. D’où des tensions qui pourraient naître selon lui, de la concentration excessive des animaux dans les régions sud du pays et des conflits que cela pourrait générer entre éleveurs transhumants et paysans.

La Mauritanie et ses engagements internationaux

Mohamed Ould Bneijara, président de l’ONG ADIG, Point focal au sein du Groupe humanitaire-pays et Secrétaire général de SUN-Mauritanie, est revenu sur les engagements de la Mauritanie par rapport à la santé et la nutrition, citant le Sommet d’Abuja où l’Etat mauritanien s’était engagé à accorder 15% de son budget national à la Santé (il en est à moins de 3%), où quand il s’est engagé à réduire de 40% le nombre d’enfants de moins de 5 ans en retard de croissance ou de 50% le nombre de femmes malnutries, alors qu’il reste encore très loin de ces engagements.

Aujourd’hui, le constat est amer. L’Etat mauritanien fait de la nutrition une affaire qui ne concernerait que l’assistance technique-financière internationale, alors que 2, 7 milliards d’UM par an consacrés à la nutrition, suffiraient selon les experts, à éradiquer ce fléau dans le pays et sauver des milliers d’enfants et de femmes.

Outre le rôle qu’ils jouent dans le maintien des centres de nutrition (au niveau communautaire, dans les centres de santé ou dans les hôpitaux), les partenaires comme Action contre la faim, Wolrd Vision, Oxfam, ou encore Adra, Terre des Hommes, Caritas contribuent par leurs efforts à réduire l’impact de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire.

A ce titre, leur présence a été très marquée au cours de la journée de mobilisation et l’Unicef a enfin mis à la disposition des participants le « Plan stratégique multisectoriel de nutrition, 2016-2025 ».

Les femmes parlementaires mauritaniennes, enfin édifiées sur l’ampleur de la pandémie, se sont dites engagées à prendre le combat de la nutrition à bras-le-corps, même si elles regrettent que cette journée soit organisée très tard, après l’adoption du Budget 2018 et après la Déclaration de Politique Générale du gouvernement. Mais surtout, aux lendemains d’un renouvellement des sièges de l’Assemblée Nationale qui devra intervenir au cours de l’année. « Mais, que nous soyons réélues ou pas, nous resterons membres actives du REFPAM qui regroupe non seulement les députées actives mais aussi toutes les anciennes parlementaires » a souligné Mme Marième Baba Sy

Cheikh Aïdara

 

Laisser un commentaire